Communiqué du Conseil d'Administration de la BCT réuni le 26 novembre 2014

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Le Conseil a passé en revue, au début de ses travaux, les principales évolutions économiques internationales et plus particulièrement, les données concernant les prévisions de la croissance dans le monde publiées dans le dernier rapport économique de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). En effet, l’Organisation a signalé la poursuite de la morosité de l’économie mondiale, dans un contexte toujours marqué par les disparités entre aussi bien les différents pays que les différentes zones économiques, tout en affirmant la possibilité d’une accélération progressive du rythme de la croissance si les mesures nécessaires à la relance de l’activité sont mises en œuvres. Par ailleurs, le Conseil a noté la baisse continue des prix mondiaux des produits de base, surtout ceux de l’énergie, outre l’appréciation du dollar par rapport aux autres principales devises.

A l’échelle nationale, le Conseil a signalé des évolutions divergentes des principaux indicateurs économiques et sectoriels au cours des derniers mois. En effet, la production du secteur de l’agriculture et de la pêche a enregistré des résultats globalement positifs, alors que la production industrielle a connu une baisse au mois de juillet 2014 (-0,6% en glissement annuel contre 0,7% un an auparavant), en rapport avec le repli de la production des secteurs manufacturier et non-manufacturier, tandis que des prémices de redressement dans ce secteur sont relevés au cours du mois d’octobre 2014. Pour leur part, les indicateurs du secteur des services ont affiché un repli, pour l’activité touristique avec une baisse des entrées de touristes de 1,1% à fin octobre dernier, de même que les nuitées (-2,7%), alors que les recettes touristiques en devises ont enregistré une hausse de 10,5% et les transferts des tunisiens résidant à l’étranger se sont accrus de 6,3% d’une année à l’autre.

S’agissant du secteur extérieur, le Conseil a  observé, encore une fois, une poursuite des évolutions négatives suite à l’aggravation du déficit de la balance courante (+29% ou 1.439 MDT), au cours des dix premiers mois de l’année, atteignant 6.396 MDT, soit l’équivalent de 7,7% du PIB contre 6,5% au cours de la même période de 2013, et ce, à cause de l’élargissement continu du déficit de la balance commerciale (+19,1% à fin octobre 2014) pour s’établir à 11,8 milliards de dinars. Aussi, est-il à signaler à cet égard la décélération du rythme des exportations (2,1% contre 4,9% l’an passé) contre une accélération de celui des importations (7,2% contre 3,3%), avec une détérioration continue, à la fois, de la balance énergétique et de la balance alimentaire, dont le déficit a dépassé 3,2 milliards et 1,2 milliards de dinars, respectivement, soit un accroissement de 50,3% et 60,9%, ce qui représente plus de 82% de l’élargissement du déficit commercial global. A noter cependant que les échanges commerciaux avec l’extérieur ont affiché, à partir du mois d’octobre, une certaine amélioration surtout avec la hausse du rythme des exportations et la consolidation des importations des biens d’équipement et des matières premières et demi-produits.

Aussi et malgré l’aggravation du déficit commercial, les avoirs nets en devises ont pu être maintenus à un niveau satisfaisant en se situant à 12.759 MDT ou l’équivalent de 111 jours d’importation, en date du 26 novembre 2014, contre 107 jours à la même date de l’année précédente et ce, grâce  à un recours continu à la mobilisation des crédits extérieurs (environ 5,4 milliards de dinars depuis le début de l’année).

Concernant l’inflation, le Conseil a constaté une poursuite de la tendance positive reflétée par la décélération du rythme d’évolution des prix à la consommation depuis le mois de juillet, lorsqu’il atteignit son plus haut niveau de l’année en cours (6%), pour s’établir à 5,4% en glissement annuel, en octobre 2014, contre 5,6% un mois plus tôt. Du côté de l’inflation sous-jacente (hors produits frais et encadrés), elle a continué à enregistrer un ralentissement de son rythme d’évolution, pour le troisième mois consécutif, pour revenir à 5,7% en octobre 2014, contre 5,8% le mois précédent.

Pour ce qui est de l’activité du secteur bancaire, le Conseil a relevé une amélioration du rythme d’évolution des dépôts, au cours des dix premiers mois de l’année courante (6,1% contre 5% pour la même période de 2013), ayant concerné surtout les dépôts à terme. Aussi, les concours à l’économie se sont consolidés au cours de la même période, avec une hausse de 6,8% contre 5,5% en 2013, en relation avec l’accroissement de l’encours des crédits à court et moyen termes, après la baisse enregistrée au cours des dix premiers mois de l’année précédente.

S’agissant des évolutions monétaires, le Conseil a signalé une certaine amélioration de la situation de la liquidité des banques, au cours du mois de novembre, ce qui a engendré une baisse du volume de refinancement qui s’est établi à 4.220 MDT le 25 du même mois, contre 5.095 MDT en octobre dernier. Pour sa part, le taux d’intérêt moyen sur le marché monétaire s’est stabilisé, au cours de la même période, au niveau de 4,93%, soit le même taux enregistré le mois précédent.

Au niveau du marché des changes, le cours du dinar a connu une stabilité vis-à-vis des principales devises, au mois de novembre courant. En effet, il a atteint, le 26 du mois, 1,8435 dinar et 2,2892 dinars, respectivement, par rapport au dollar et à l’euro. Depuis le début de l’année, le taux de change s’est déprécié de 0,6% contre l’euro et de 9,9% par rapport au dollar.

A la lumière de ces évolutions, et au regard de la poursuite de l’aggravation du déficit courant, le Conseil recommande la nécessité d’intensifier les efforts afin de limiter le dérapage sérieux du déficit des échanges commerciaux et ses effets néfastes grandissants sur les équilibres financiers du pays. Aussi, le Conseil insiste-t-il sur la nécessité d’accélérer les mesures visant à améliorer le climat des affaires afin de retrouver le rythme de l’investissement et de la croissance, et il a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale.

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