Le Monde Khaled Chouket, le « Monsieur couacs » du gouvernement tunisien

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Ce n’est pas sa première gaffe, mais sans doute la plus retentissante. En appelant, lundi 14 mars, au retour du président déchu Zine El-Abidine Ben Ali en Tunisie, Khaled Chouket s’est attiré les foudres d’une part considérable de la population. « Que Dieu mette fin à son accablement et à son exil. Moi, je ne veux pas qu’il reste en Arabie saoudite », a-t-il déclaré au micro de la radio privée IFM. Un appel compréhensible s’il avait émané d’un cacique nostalgique de l’ancien régime, mais plus choquant dans la bouche d’un ancien opposant, aujourd’hui ministre chargé des relations avec le Parlement et, surtout, porte-parole du gouvernement.

Avec son bouc bien taillé et son visage poupin, Khaled Chouket a les idées biens arrondies. Il plaide pour « la réconciliation et la tolérance » et déclare « ne pas avoir de respect pour un peuple qui renie ses leaders ». De retour au pays, Zine El-Abidine Ben Ali serait évidemment jugé, selon lui. Le ministre feint-il d’ignorer qu’il l’a déjà été ? Un tribunal militaire de Tunis a condamné le 19 juillet 2012 par contumace l’ancien président à la réclusion à perpétuité pour la mort de 43 manifestants au cours de la « révolution de jasmin ».

La compassion et la considération affichées par le porte-parole du gouvernement pour le dictateur déchu n’ont pas manqué de susciter des réactions indignées sur les réseaux sociaux. Les appels à la démission se sont déversés sur la Toile et les ondes. « Je revendique aussi qu’il comparaisse devant la justice pour “apologie du terrorisme” conformément à la loi antiterroriste », s’emporte le journaliste Thameur Mekki.

 

source : Journal le Monde