AccueilتونسLes mega projets en Tunisie : Les coups de bluff

Les mega projets en Tunisie : Les coups de bluff

La Tunisie vit aujourd’hui une phase cruciale de sa transition démocratique ! Où ça passe ou ça casse ! Et la cassure viendra essentiellement de l’effondrement économique ! Plus de 35 milliards de dinars d’endettement, 10 milliards de dinars de déficit budgétaire, une croissance molle de 2.5 % pour 2013, une inflation galopante, un chômage en hausse, une baisse notable des réserves en devise et un climat des affaires morose ! Face à ces défaillances structurelles, les demi-mesures et les décisions hasardeuses et hâtives ne servent absolument plus ! Il faut un traitement de choc, un plan de sauvetage, un consensus national économique qui tâchera à sauver les quelques meubles qui restent ! Cependant, ce qu’on perçoit le plus aujourd’hui dans le paysage économique tunisien, ce sont des effets d’annonces notamment de « grands » projets supposés êtres des clés de voûte pour la croissance et le développement ! Hélas, ça ne sera pas le cas ! Alors que l’économie nationale a besoin de projets industriels créateurs de valeurs et d’emplois, de technologies innovantes, d’investissements en économie réelle productifs et générateurs de profits, on observe un foisonnement de projets immobiliers de « cités d’affaires » ou de « complexes de services » qui ne servent pas à grandes choses pour le moment sauf à pomper ce qui reste de financements bancaires et à exercer des pressions inflationnistes sur les matières premières et autres consommations intermédiaires !  Avec la spirale inflationniste dont souffre le pays et le faible rythme de l’appareil productif et de la productivité, il est même contreproductifs de lancer des grands projets immobiliers ou des gigantesques « ports de plaisance » qui à part le « spectacle » et l’enrichissement d’une petite frange de personnes ; n’offrent absolument rien de valeureux ou de durables ! La spéculation et les placements refuges que peuvent permettre ce genre de projets, sont carrément destructeurs pour l’économie nationale, notamment dans cette phase sensible !

Aujourd’hui, l’équation est simple: avec 17, 5 milliards de dinars de dépenses de gestion, 1,4 milliards de dinars d’intérêts de la dette publique, 5,6 milliards de dinars de dépenses de développement, 3, 2 milliards de dinars de remboursement du principal de la dette publique, 952 millions dinars de dépenses des fonds spéciaux du trésor et 2.5 milliards de dinars de reports de 2013 (le fameux “trou” d’Elyes Fakhfakh ex-ministre des finances), il y a en face 17,1 milliards de dinars de recettes fiscales prévues, 12 milliards de dinars de besoin de financement externe et interne (endettement) et 2.1 milliards (autres fonds propres provenant notamment des bénéfices des entreprises publiques qui restent bénéficiaires)! Donc, si les 12 milliards de dinars d’endettement sont récoltés par M. Mehdi Jemâa, ça sera bon, tout est bien couvert!! Si ça ne va pas être le cas, la récupération va être faite sur le budget de développement (5.6 milliards de dinars). L’enjeu final donc sera fait au niveau du rapport 12 milliards de dinars (endettement) / 5.6 milliards de dinars (développement). Autrement dit, le seuil minimal d’endettement (le point mort) pour le gouvernement Jemâa est de 6.4 milliards de dinars! Au dessous de ce montant, des coupes sur le budget de gestion seront effectuées et par suite les salaires et les postes en fonctions publiques peuvent êtres touchés ! Voilà où se situe le cœur des problèmes économiques et financiers du moment ! Les investissements de « fortunes » n’offrent absolument rien pour résoudre cette équation et n’apporteront même pas des recettes fiscales en sus puisque dans leurs majorités, ce genre de projets se fait par le biais de sociétés off-shore exonérées d’impôt !

 

Dr Moez Joudi

Président de l’Association Tunisienne de Gouvernance (ATG)

 

Jamel Arfaoui
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