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Enquete:Sécurité Nationale : Tunisair dicte sa loi (en réduisant les officiers de sécurité à bord)

in Analyses/Tunisie by


Depuis deux ans, Tunisair tente de faire valider  la suppression des policiers en civil à bord, connus sous le nom de secoffs   et présents sur la majorité des vols réguliers  de la compagnie.

Ces agents appelés aussi sec-offs ( officiers de securité ), sont, des  policiers spécialement entrainés, armés, chargés d’assurer la sureté des passagers. Partout dans le monde, la majorité des compagnies nationales, et specialement depuis le 11 septembre, ont recours aux skymarshalls et à leurs services.

En Tunisie, présents  discrètement depuis la fin des années  70, habillés en costume, présentant bien, ils sont issus des commandos de la garde nationale, ou des forces spéciales des forces intèrieures de sécurité.  Après un entrainement spécifique de six mois ( une balle peut faire exploser un avion), et des recyclages réguliers, ces officiers sont programmés un peu comme les équipages de Tunisair, avec lesquels ils entretiennent  en général des relations professionnelles  amicales.

Leur mission principale est simple : garder le poste de pilotage inviolé. Mais un peu comme le Secret Service américain de protection des hautes personnalités  qui  a aussi une mission fiscale et de traque des faux billets, ils ont aussi une mission de renseignements généraux et signalent tout ce qui pourrait être douteux ( sécurité nationlae, trafic en tous genres, profils à risque etc) .

En 40 ans d’exercice, ils ont eu à faire face à de nombreuses situations à risques et à répondre aux instructions des Commandants de bord pour gérer les cas critiques, les passagers indisciplinés ou pire encore, agressifs.

Or, alors que la situation sécuritaire s’est extraordinairement dégradée depuis la révolution, sous un prétexte de compression des couts, la direction centrale de la sécurité de Tunisair a élaboré une étude pour convaincre les autorités de l’abandon des secoffs.

Cette  étude  se base principalement sur le cout des sièges  occupés par le secoffs sur chaque vol régulier . Ces places qui ne sont pas vendus ont été comptabilisés au plein tarif,  sans tenir compte du remplissage réel des avions, et de la  fidélité des reservations des passagers de Tunisair.  D’après un cadre de l’aéroport de Tunisair, on peut estimer à moins de 100 sièges sur l’année, la perte réelle de recette due au siège secoff et non quelques milliards comme avancé.

Ensuite, les secoffs tunisiens contrairement de ce qui se passe chez les autres compagnies arabes ou européennes, ne font pas les rotations et découchers avec les équipages : ils  font les aller/retour avec l’avion,  sur tous les vols africains et moyens long courriers et n’engendrent ni frais d’hotel ou de déplacement.

Que leur reproche t-on ? les quelques indemnités repas pour se nourrir servis a tous les autres membres d’équipage.

Plusieurs pilotes a qui nous avons posé la question  considèrent d’ailleurs que cette affaire touche la sécurité nationale et que la note présentée  cache les vrais motifs . L’un d’eux, pilote directeur de secteur, nous a informé que Tunisair donne a son personnel prés de 30 000 billets gratuits par an dont le tiers avec des réservations ( ce qui se fait dans le monde entier), et donc cette justification économique avancée ne tient pas debout.

Après enquete, ni le responsable des services handling de Tunisair, ni les chefs d’escale, ni la Commission de compression de couts qui détecte où Tunisair peut faire des économies, ni le DGA  n’a demandé la suppression des secoffs. On nous a confirmé que le  responsable de Tunisair qui a élaboré le dossier de l’élimination des agents de sécurité à bord est le directeur central de la Sureté, Securité des vols, qualité, carburant et environnement.  D’aprés nos informations, Mr Souheil Dallel, qui est pilote sur le plus petit type d’avion de Tunisair ( B737-500) a été nommé directeur central par R.Jrad en 2012 avec un cumul de responsabilités. Beaucoup d’attributions avec un profil, qui selon des cadres de la compagnie,  peut etre acceptable pour la sécurité des vols ( en général un pilote), mais pas  pour la gestion du carburant ( 400 milliards et plus du tiers du budget de Tunisair avec des techniques financières dehaut niveau ), ni pour la Qualité des services (  le resultat parle de lui meme nous ont dit le personnel de Tunis Carthage), ou pour l’environnement avec les fameuses taxes carbone.

Sur le fond de l’affaire, le secrétaire général du syndicat des forces de police Anis Ouertani a affirmé que Tunisair et son directeur central n’ont qu’a prendre leurs responsabilités : «  pour nous, c’est un devoir national , un travail extenuant qui nous use en 10 ans. Si Tunisair décide de prendre des décisons de sécurité nationale, c’est à ses risques et peril ».

Suite à quelques incidents, notamment le passager qui a uriné en avril dernier dans le couloir et sur les passagers sur un Rome/Tunis, et quelques sérieux problèmes sur des vols lybiens, Souheil Dallel   est accusé de mauvaise foi quand il affirme pour justifier le non recours aux secoffs : « il n’entre pas dans les prérogatives de ces agents d’intervenir pour gérer les passagers « indisciplinés » et que leur travail s’arrête uniquement à l’empêchement des détournements. La réponse est simple : il n’y a qu’a comptabiliser les sollicitations et la concertation et l’intervention systématique des secoffs sur les vols africains ou lybiens ou avec des refoulés européens pour mieux cerner notre role.

http://www.mosaiquefm.net/fr/index/a/ActuDetail/Element/35970-les-agents-securitaires-interdits-d-assurer-les-vols-vers-les-pays-de-l-ue-tunisiair-precise

Pire encore, la tentative de corriger le tir par le même directeur de Tunisair en annonçant publiquement que les secoffs seront maintenus sur les vols non européens ne passe pas .  Commentaire du responsable de sureté : «  c’est de l’amateurisme. C’est comme on disait aux terroristes :  il faut viser les vols européens et ne perdez pas votre temps sur les autres vols »

La question qui se pose ici est pourquoi le Ministère de l’Intèrieur s’est laissé manipulé par Tunisair. D’après un délégué, c’est suite à une supposée infiltration des secoffs par les forces de sécurité parallèle choisis par Ennahdha. Il est confirmé que sous  le gouvernement Jebali des dizaines d’officiers sympathisant du parti islamiste ont été affectés à ce corps. Mais aujourd’hui un représentant du syndicat des pilotes nous confirme que la plupart sont partis et que ceux qui sont restés font très professionnellement leur travail, sans faire de politique.

Mais quelle est alors la motivation du directeur Mr Dallel ? D’après l’un de ses collègues, c’est un problème personnel avec les secoffs en liaison avec le fait que son épouse soit hotesse de l’air.

En effet, si les secoffs observent tout dans l’avion, ils observent aussi l’activité du personnel navigant, leurs affinités, leur travail, qui descends à l’escale et au free shop, qui achète quoi aux ventes à bord, qui a beaucoup de bagages en revenant de Dubai, etc…. Des témoins sans lesquels on se sentirait beaucoup plus libre.

D’après nos contacts douaniers, il est arrivé que les secoffs donnent des tuyaux extraordinaires ( l’affaire des centaines de telephones mobiles trouvés derrière un panneau pour etre récupérés à la maintenance, traffic de drogue en provenance de Dakar avec l’arrestation de plusieurs membres d’équipage de Tunisair, etc.) ou indiquent d’un coup d’œil un steward au comportement louche .

Il est facile d’accuser ces agents spéciaux  de faire partie de la police politique de l’ancien régime.  Dans ce cas, pourquoi l’immense majorité des pilotes les réclame et certains pilotes refusent de partir sans eux.

Il s’agit de sécurité nationale, d’avis d’experts en stratégie du terrorisme, de mise en danger de la destination Tunisie, qu’il ne faut pas laisser à l’avis de personnes peut-etre motivées par d’autres considérations.

D’ailleurs, la raison est entrain de l’emporter puisque les secoffs sont de nouveau programmés sur les grandes capitales européennes, comme le confirme l’un des chefs d’équipe des secoffs.

Secoff à l’entrainement

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