Les comptes de l'UBCI auraient-ils été rejetés par la Banque Centrale de Tunisie?

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(Agence Ecofin) – Intervenant sur les ondes d’une radio locale tunisienne, Hatem Logani, un expert de la finance en Tunisie, affirme que la Banque Centrale de Tunisie (BCT) aurait refusé les comptes de l’UBCI (Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie) filiale du groupe français BNP Paribas.

Hatem Logani a aussi indiqué que la BCT a décidé de reporter la tenue de son Assemblée générale Ordinaire prévue le 17 juillet  prochain à une date ultérieure, exigeant d’UBCI qu’elle revoit sa copie suite aux incohérences détectées dans son rapport financier pour l’exercice 2013. « Le redressement fiscal basé sur les exercices antérieurs s’élève à 13,8 MDT (amende), or la banque s’est contenté de traduire son effet sur l’exercice 2013 par la constatation d’une dotation aux provisions additionnelle limitée à 1,6 MDT », a cité l’expert en guise d’exemple.

L’UBCI a réagi à cette déclaration, indiquant que la Banque centrale de Tunisie ne lui avait pas demandé de reporter son assemblée générale ordinaire (AGO). Elle reconnait cependant que l’Institut d’émission lui a demandé de procéder à des modifications de ses états financiers, notamment en matière de provisions.  « L’UBCI informe le public et ses actionnaires que suite à la réunion du 11 juillet dans les locaux de la Banque Centrale de Tunisie et, à sa demande, l’UBCI doit opérer des modifications sur ses états financiers. Ces modifications porteront essentiellement sur une dotation complémentaire comptabilisée en couverture du risque fiscal » a-t-elle fait savoir mardi 15 juillet 2014 dans une annonce aux investisseurs

Redéfinissant les faits, elle avait déjà expliqué que le report de son Assemblée Générale s’explique par le fait que le délai jusqu’au 17 juillet ne lui permettait pas de procéder aux modifications demandées par la Banque Centrale. Une nouvelle date de l’AGO devrait donc être fixée jeudi. En outre la banque indique que l’impact sur ses comptes ne sera que 5 millions de dinars tunisiens. Or selon l’expert le redressement, qui date de 2002, pourrait coûter à UBCI jusqu’à 14 millions de dinars tunisiens. 

En attendant, on comprend désormais mieux la décision du conseil des marchés financiers de suspendre la cotation d’UBCI sur la bourse des valeurs mobilière de Tunisie. 

Lors de sa dernière cotation, le titre UBCI a progressé très légèrement de 0,08%. Même s’il a gagné 0,48% depuis le premier janvier 2014, il reste sur un recul de 20,3’% sur une période d’un an.

Idriss Linge