La compagnie aérienne Tunisair devrait prochainement renouer avec la rentabilité en France, son premier marché, sous l’effet d’une gestion rigoureuse, d’une réduction des capacités et du développement du charter.
« Nous avions un déficit de deux millions de dinars (près de 875.000 euros) à fin août. Nous espérons retrouver notre équilibre d’ici la fin de l’année », a déclaré à l’AFP Slaheddine Blidi, lors d’un entretien à Paris, en soulignant que l’activité charter était déjà bénéficiaire. De janvier à octobre, l’activité charter a plus que triplé (+307%), a précisé le dirigeant, à la tête du marché France depuis janvier 2013. L’an passé, le chiffre d’affaires France a baissé de 5% à 131,2 millions d’euros. Mais les ventes devraient s’améliorer cette année. En 2013, Tunisair détenait 46% de parts de marché sur le trafic entre la France et la Tunisie contre 54% pour l’ensemble de ses concurrents (Air France, Transavia, Europe Airpost, Aigle Azur, Air Méditerranée, Nouvelair et Syphax).
La France, qui représente 37% de l’activité globale du transporteur, est jugée stratégique. Tunisair y opère 100 vols chaque semaine au départ et à l’arrivée de neuf aéroports (Paris-Orly, Paris-Charles de Gaulle, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Strasbourg et Toulouse).
« La compagnie, qui va célébrer son 66e anniversaire, a toujours eu un lien fort avec la France. C’est le premier marché sur lequel elle s’est implantée », a commenté M. Blidi, 51 ans.
Si la compagnie a décidé d’arrêter cette année sa desserte de Lille, « non rentable », elle prévoit d’ouvrir l’année prochaine deux nouvelles lignes Lyon-Tozeur et Nice-Tozeur. Pour 2015, Tunisair compte maintenir le même niveau de trafic dans l’activité régulière et développer le charter de 10 à 20%. « Le retour à l’équilibre est lié à une gestion stricte, à un ajustement des capacités depuis 2013 car nous étions en surcapacités » et à une politique des prix réactive, a expliqué le directeur général.

