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L’UE annexe la Tunisie

in A La Une/Economie/Tunisie by
Crédits photo : Xavier Häpe (à g.) - US Army (à d.)

L’ouverture des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’UE et la Tunisie, voté par le Parlement européen ce jour, poursuit le travail d’annexion économique amorcé par le FMI, imposant des réformes pour l’octroi de 300 millions d’euros de prêt au titre d’assistance macrofinancière (AMF).

Claqué sur le modèle des « accord de libre-échange approfondi et complet » (ALECA), cet accord prévoit entre autre l’abolition totale des droits de douanes, régulations et aides d’État. Mais, comme pour le Grand Marché Transatlantique, le mandat de négociation est tenu secret au mépris des populations concernées.

Pour soutenir la révolution tunisienne, plutôt que de piller son économie, l’UE devrait annuler sa dette illégitime !

L’UE doit cesser sa politique d’annexion économique de son voisinage au prix des soubresauts sociaux et des destructions qu’elle provoque. Il est temps de proposer un partenariat respectueux de son indépendance et contribuant au bien être de la zone méditerranéenne.

source:melenchon.fr

Marie-Christine Vergiat l’accord de libre-échange avec la Tunisie. Une désagréable impression de déjà-vu

in A La Une/Economie/Tunisie by
Communiqué de Marie-Christine Vergiat
Députée européenne
Membre du Groupe GUE/NGL (Front de gauche)

Dès avant la chute du régime du dictateur Zine Ben Ali, la Commission européenne avait pour objectif l’adoption d’un accord de libre-échange dit « approfondi et complet »avec la Tunisie (ALECA). Plus qu’une simple libéralisation des droits de douane, il s’agissait et il s’agit encore et toujours de « rapprocher » les normes et régulations.

Les premiers éléments proposés par la Commission aux négociateurs tunisiens ne font que confirmer les craintes que partagent les sociétés civiles et parlementaires de gauche mais pas seulement des deux côtés de la Méditerranée.

« Importance d’une concurrence libre et non faussée » dans les relations commerciales, alignement sur le droit de la concurrence européen, copiés-collés de l’accord avec le Maroc… il ne manque que le tristement célèbre mécanisme d’arbitrage – pour l’instant seulement, en attendant que la question soit réglée dans le cadre du TTIP/CETA.

On se demande où sont passées les promesses du « Printemps arabe ». On se demande si ces institutions européennes sont conscientes de l’importance de la réussite de la transition démocratique en Tunisie pour le Maghreb, le Proche-Orient et au-delà. On se demande s’ils se rendent compte que ce pays est une poudrière, où la question sociale pourtant à l’origine de la Révolution n’a pas reçu le moindre début de réponse. Les soi-disant aides de l’UE et de ses États-membres, dont la France, ont plutôt aggravé la situation économique de la Tunisie et notamment sa dette.

Les risques sont grands de voir privatiser les services publics, dénier le droit balbutiant à la démocratie, sacrifier l’agriculture traditionnelle tunisienne et poursuivre la destruction de l’environnement.

Ces éléments réfutent l’argument de la Commission selon lequel cet accord serait exceptionnel et particulièrement bénéfique pour la Tunisie.

Comme tous les accords de libre-échange, il s’agit avant tout d’accroître l’accès au marché pour les entreprises européennes et de faciliter les réformes économiques structurelles néolibérales en Tunisie.

Le 25 février, le Parlement européen doit adopter en séance plénière une résolution contenant ses recommandations aux négociateurs de la Commission européen. Celle-ci fait le choix de nier l’évidence et de croire sur parole la Commission sur le soi-disant traitement de faveur dont bénéficierait la Tunisie.

Pour ma part, j’appelle encore une fois à un nouveau et réel partenariat entre l’UE et la Tunisie plaçant les intérêts des citoyens des deux parties au-dessus des profits des entreprises et investisseurs européens et je demande aux uns et aux autres de revoir la copie dans l’intérêt de toutes et de tous. Il y a urgence à prendre en compte les vrais enjeux pour donner une chance à la démocratie tunisienne.

L’UE ne sait proposer que le libre-échange à la Tunisie

in A La Une/Economie/La Revue Medias/Tunisie by

Cinq ans après les révolutions arabes, les eurodéputés spécialisés dans les questions commerciales s’apprêtent à adopter mardi une résolution qui veut faire de l’accord de libre-échange en chantier avec la Tunisie« un partenariat politique » pour soutenir la jeune démocratie tunisienne. Mais les documents publiés en exclusivité par Mediapart, qui décrivent le point de départ des négociations déjà menées par la commission européenne à Tunis en 2015, laissent penser que les élus auront toutes les peines du monde à se faire entendre.

Ce projet d’« accord de libre-échange approfondi et complet » (ALECA ou DCFTA) entre l’UE et la Tunisie est dans l’air depuis la chute du régime Ben Ali en 2011. Mais Tunis avait voulu attendre les élections de 2014, et la soi-disant « stabilisation » de son paysage politique, pour enclencher cette négociation clé pour l’avenir du pays. Le processus a vraiment été lancé en mai 2015, lors d’une visite du premier ministre tunisien, Habib Essid, à Bruxelles. Un accord plus modeste, qui libéralise les droits de douane pour certaines industries, existe déjà depuis 1995. Cette fois, l’accord doit porter sur les droits de douane (à réduire un peu plus), mais surtout sur les normes et régulations (à rapprocher entre les deux régions).
Les eurodéputés qui suivent le dossier le promettent haut et fort : il n’est pas question de conclure un accord de libre-échange comme les autres. D’autant que les regains de tensions sociales, en janvier, ont rappelé à quel point la situation restait précaire en Tunisie, et les inégalités sociales colossales. « Cet accord ne peut pas être seulement commercial, il doit être politique, pour vraiment aider la Tunisie et les Tunisiens et soutenir leur développement économique », prévient Marielle de Sarnez (UDI-MoDem), rapporteure du texte. « C’est un partenariat politique qui vise à encourager la transition démocratique dans un contexte qu’on connaît troublé, renchérit un autre Français, le socialiste Emmanuel Maurel. Ce qui implique que l’accord soit asymétrique et progressif. »

« Asymétrique », c’est-à-dire que l’accord pourrait ouvrir davantage les marchés européens aux Tunisiens, que les marchés tunisiens aux Européens

C’est d’abord pour la Tunisie », résume de Sarnez. « On ne va pas imposer aux Tunisiens des règles qu’on imposerait aux Américains ou aux Canadiens », assure Maurel. Et « progressif », parce que « l’état d’esprit de la négociation, ce n’est pas du tout d’imposer une ouverture là tout de suite maintenant, l’idée, c’est que la Tunisie en sorte gagnante ». Le problème de ces discours prudents du côté du parlement européen, c’est qu’ils cadrent mal avec la réalité des négociations. Mediapart a pris connaissance des premières versions de dix chapitres du futur traité, rédigées en français par la commission. Ces textes – ont été finalisés à Bruxelles en juillet 2015, et présentés aux experts tunisiens lors du premier « round » de négociations, en octobre 2015 à Tunis. La prochaine rencontre entre Européens et Tunisiens devrait avoir lieu « après Pâques », fait-on savoir du côté de la commission.

L’UE veut épauler la Tunisie avec un accord de libre-échange

in A La Une/Tunisie by
La Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström le 5 juin 2015 à Prague (AFP/Michal Cizek)

L’UE veut marquer son soutien aux réformes politiques et économiques de la Tunisie, en ouvrant des négociations sur un accord de libre-échange, a déclaré à l’AFP la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

« C’est un signal important à donner en ce moment à la Tunisie: nous sommes à vos côtés pour soutenir vos réformes économiques et politiques que vous faites dans cette situation fragile », a dit Mme Malström, dans un entretien accordé avant son départ mardi pour la Tunisie.
Il s’agit de « montrer à la Tunisie que nous sommes vos amis, vos alliés », a-t-elle expliqué. Et de souligner qu’après les récents attentats sanglants du Bardo et de Sousse, il était « important de ne pas tourner le dos ». « C’est exactement le bon moment », pour commencer les négociations, a-t-elle estimé.
Rétrospectivement, selon la commissaire suédoise, « les chercheurs constateront que l’Europe n’a pas fait assez pour soutenir la révolution démocratique en Tunisie. »
« Tout le monde a été pris par surprise », a-t-elle reconnu.
Réagissant par ailleurs à l’attribution « bien méritée » du prix Nobel de la paix au quartette d’organisations conduisant le dialogue national en Tunisie, Mme Malmström a estimé qu' »il faut continuer à oeuvrer en faveur du resserrement des liens entre l’UE et la Tunisie, et à soutenir la marche en avant du pays ».
« Des relations commerciales plus étroites jouent un rôle important dans ce cadre », a-t-elle noté.
Selon la commissaire au Commerce, l’accord de libre échange « est une partie de notre soutien ».
« Il faut renforcer la mobilité, faciliter les visas. L’accord d’association entre l’UE et la Tunisie noué il y a vingt ans était une bonne chose, maintenant il faut aller de l’avant. Il faut intensifier la coopération dans plein de domaines, les échanges d’etudiants, la coopération dans la recherches », a-t-elle plaidé.
Tentant de dissiper les craintes de certains Tunisiens de voir leur économie s’ouvrir trop vite, Mme Malström a insisté: « Nous sommes bien conscients qu’il y a beaucoup de sensibilité ».
« Il s’agit d’un accord assymétrique qui ouvre davantage nos marchés et prend soin de protéger certains secteurs très fragiles en Tunisie, il y aura des délais très longs pour permettre aux Tunisiens de s’adapter, pour l’agriculture par exemple », a-t-elle précisé.
Et de citer l’initiative européenne annoncée en septembre dernier d’offrir un accès temporaire supplémentaire à l?huile d’olive tunisienne au marché de l?Union. « C’est un premier pas », a-t-elle dit à propos de cette décision qui ouvre davantage l’UE aux exportations de ce produit entre début 2016 et fin 2017.
L’huile d?olive est la principale exportation agricole de la Tunisie vers l?Union. Elle joue un rôle important dans l?économie du pays puisqu?elle fournit des emplois directs et indirects à plus d?un million de personnes et représente un cinquième du total de l?emploi agricole.
L’UE est le premier partenaire commercial de la Tunisie. Inversement, cette dernière est la 34ème de l’Union.
Les échanges commerciaux entre Européens et Tunisiens portent principalement sur les machines et biens d’équipement, des produits issus de l’exploitation minière et des textiles.
Mme Malmström a refusé d' »entrer dans le détail des négociations », arguant qu’elles n’avaient pas encore commencé. Elle n’a pas voulu non plus faire la moindre prévision sur leur durée.

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