Un Tunisien arrêté pour trafic de bitcoins taillé en pièces dans le sud de la France

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Une plateforme illégale de bitcoins a été démantelée dans le sud de la France, une première en Europe pour cette monnaie virtuelle dont la réputation suscite une vive inquiétude des autorités financières.

C’est une première en Europe. Les gendarmes de la section de recherches de Midi-Pyrénées ont annoncé lundi avoir démantelé une plateforme illégale d’échange de bitcoins, cette monnaie virtuelle qui circule sur Internet et permet de régler des achats sur certains sites. Deux personnes ont été mises en examen : l’administrateur du site, un Tunisien de 27 ans poursuivi notamment pour « exercice illégal de la profession de banquier » et « blanchiment d’argent « , ainsi que le fournisseur des bitcoins, un Français de 36 ans.

« Cette plateforme échangeait des euros ou des dollars contre des bitcoins, moyennant des taux de commission très élevés, entre 35% à 50%, nous explique l’adjudant Patrice Reveillac, en charge de l’enquête. Or, elle ne bénéficiait pas d’un agrément pour réaliser ce genre d’opérations, considérées comme des opérations de banque ». Malgré son fonctionnement opaque, le site connaissait un fort succès : 2.750 transactions enregistrées depuis novembre 2013, soit l’équivalent d’un million d’euros.

« Darknet »

Et c’est peut-être l’anonymat des échanges qui a séduit ses utilisateurs. « Des sites permettent d’échanger des bitcoins légalement mais ils nécessitent de livrer un justificatif d’identité, de domicile et de compte bancaire français, souligne l’enquêteur en cybercriminalité. Ces personnes cherchaient donc probablement à obtenir des bitcoins pour pouvoir les utiliser sur le « darknet », le cyber marché noir pour l’achat de drogues, d’armes… » Lors des perquisitions menées dans le sud de la France et en Belgique, les gendarmes ont également saisi des disques durs contenant 388 bitcoins, soit une valeur réelle de 178.000 euros selon le cours actuel de l’e-devise.

Selon le parquet de Foix, les deux hommes contestent l’illégalité de leur activité. Si la gendarmerie dit ne pas vouloir « diaboliser le bitcoin », son coup de filet intervient juste après une mise en garde du régulateur boursier français. L’Autorité des marchés financiers a en effet alerté vendredi sur les risques liés à cette monnaie, appelant les banques à ne pas y toucher tant qu’elle n’est pas encadrée par des règles spécifiques.

source : metronews

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